Vos droits face à un dépannage à domicile
Qui paie quoi, ce que l'artisan doit vous remettre, ce qu'il n'a pas le droit d'exiger. 10 questions rarement traitées dans le dépannage — répondues ici avec le texte de loi correspondant, y compris quand la réponse ne nous arrange pas.
Réponses vérifiées contre les textes cités le 9 août 2026.
Droits & obligations
Ce que vous pouvez exiger, et ce que vous devez
Dois-je payer si l'artisan n'a rien réparé ?
Oui : le déplacement et le diagnostic correspondent à un travail réellement fourni, ils restent dus même si vous refusez la réparation ou si elle s'avère impossible. Ce qui n'est pas normal, en revanche, c'est de découvrir leur montant après coup — il doit figurer sur le devis remis avant toute intervention. Chez Léon Services, ce forfait déplacement + diagnostic est déduit de la facture si vous confiez les travaux à l'artisan : vous ne le payez donc que si vous décidez de ne pas faire réaliser la réparation.
Un devis est-il obligatoire même pour une petite intervention de 80 € ?
Oui, quel que soit le montant. L'arrêté du 24 janvier 2017, applicable depuis le 1er avril 2017, impose un devis écrit détaillé pour toute prestation de dépannage, de réparation ou d'entretien réalisée au domicile d'un particulier dans le bâtiment. Le seuil de 150 € que l'on lit encore partout venait de l'arrêté de 1990, abrogé : il n'existe plus. Le devis doit détailler la nature exacte des réparations, le décompte des prestations et produits (dénomination, prix unitaire, quantité), les frais de déplacement, le total HT et TTC avec le taux de TVA, la durée de validité et le caractère gratuit ou payant du devis. Un professionnel qui refuse de vous en établir un est en infraction.
J'ai signé chez moi dans l'urgence : puis-je encore me rétracter sous 14 jours ?
Oui, le droit de rétractation de 14 jours s'applique bien à un contrat signé à votre domicile, urgence comprise (art. L221-18 du Code de la consommation) — contrairement à une idée répandue, l'urgence ne le supprime pas d'office. Deux nuances comptent. D'abord, si vous demandez expressément l'exécution immédiate, l'artisan peut commencer tout de suite, et vous restez redevable de ce qui a été fait (art. L221-25) ; le droit est définitivement perdu seulement une fois la prestation pleinement exécutée, après demande expresse et reconnaissance écrite de cette perte (art. L221-28). Ensuite, l'artisan n'a pas le droit d'encaisser quoi que ce soit dans les 7 jours suivant la signature à domicile, sauf précisément pour des travaux de réparation urgents que vous avez expressément sollicités — et uniquement dans la limite des pièces et travaux strictement nécessaires à l'urgence (art. L221-10). Tout ce qui va au-delà (rénovation du tableau, travaux complémentaires proposés sur place) retrouve les 14 jours et l'interdiction d'encaissement.
Locataire ou propriétaire : qui paie le dépannage électrique ou la fuite ?
La ligne de partage est fixée par le décret n° 87-712 du 26 août 1987 : le locataire assume l'entretien courant et les menues réparations (ampoules, fusibles, remplacement d'un interrupteur ou d'une prise, joints, petit débouchage), le propriétaire assume tout le reste — tableau électrique, câblage, colonne montante, chauffe-eau, mise aux normes, remplacement d'un équipement vétuste. Trois exceptions rendent la réparation toujours à la charge du bailleur, même si elle figure dans la liste des réparations locatives : la vétusté, la malfaçon ou le vice de construction, et la force majeure. En pratique, en cas d'urgence, faites intervenir : la facture est établie au nom du demandeur, et nous pouvons l'émettre au nom du propriétaire bailleur, avec photos avant/après, quand la charge lui revient.
Mon assurance habitation rembourse-t-elle un dépannage d'urgence ?
Parfois, mais rarement en totalité, et à une condition qui fait tout échouer quand on l'ignore : il faut appeler l'assisteur AVANT de faire intervenir un artisan. La prise en charge relève de la garantie « assistance dépannage d'urgence », généralement une option, dont les conditions figurent au chapitre Assistance du contrat et non dans les garanties principales. Les plafonds sont modestes — souvent de l'ordre de 300 € pour une fuite ou une panne électrique. À ne pas confondre avec l'indemnisation du sinistre lui-même (dégât des eaux, garantie dommages électriques) : celle-ci couvre les dommages causés, pas la recherche de panne ni la réparation de l'élément défaillant, et s'applique après franchise. Vérifiez le montant de cette franchise : elle dépasse souvent le coût d'un dépannage simple, auquel cas déclarer ne sert à rien.
Pourquoi ma facture est-elle à 10 % de TVA et pas à 20 % ?
Le taux réduit de 10 % s'applique aux travaux d'entretien, d'amélioration, de transformation ou d'aménagement réalisés dans un local à usage d'habitation achevé depuis plus de deux ans — ce qui couvre la quasi-totalité des dépannages chez un particulier. Le taux normal de 20 % s'applique au logement de moins de deux ans, au neuf, et aux locaux professionnels. Deux taux de 5,5 % existent en plus : la borne de recharge pour véhicule électrique posée chez un résident par une entreprise qualifiée, et les travaux d'électricité induits par une rénovation énergétique, à condition d'être facturés dans les trois mois suivant le poste principal. Trois points sont régulièrement mal compris : la qualification RGE n'est pas exigée pour le taux de 10 % (elle l'est pour le 5,5 % énergétique) ; la fourniture seule, sans pose par l'entreprise, reste à 20 % ; et une rénovation qui remet à l'état neuf au moins deux tiers de chacun des six éléments de second œuvre — dont l'installation électrique — vaut construction neuve, donc 20 % sur l'ensemble du chantier. La grille de décision complète, ligne par ligne, figure plus bas sur cette page.
Comment vérifier que l'artisan qui sonne chez moi est bien en règle ?
Trois vérifications suffisent, et elles se font en deux minutes sur le pas de la porte. Le SIRET, à contrôler sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr : l'entreprise doit exister, être active, et son activité déclarée doit correspondre. L'attestation d'assurance décennale, qui doit être nominative, en cours de validité, et mentionner les activités couvertes — une attestation au nom d'une autre société ne vous protège pas. Le devis, à en-tête de cette même entreprise. Les signaux d'alerte du démarchage abusif sont constants : refus d'établir un devis écrit, prix annoncé seulement à l'oral, pression à décider immédiatement, diagnostic catastrophiste imposant de « tout changer maintenant », et exigence de paiement comptant avant même la fin des travaux.
La majoration de nuit ou de week-end est-elle plafonnée ?
Non, aucun texte ne fixe de plafond : l'artisan est libre de son tarif. Ce qui est encadré, c'est l'information. L'arrêté du 24 janvier 2017 impose que les majorations soient portées à votre connaissance avant l'intervention et qu'elles figurent au devis, TTC. Autrement dit, une majoration nocturne annoncée au téléphone puis inscrite au devis est parfaitement légale, même élevée. Une majoration découverte au moment de la facture ne l'est pas : elle ne faisait pas partie de ce que vous avez accepté, et vous êtes fondé à la contester.
Quelle garantie s'applique après un dépannage ? La décennale ?
En général non, et c'est la confusion la plus fréquente du secteur. La garantie décennale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : elle concerne une installation complète, une rénovation lourde, pas le remplacement d'un disjoncteur ou d'un mécanisme de volet. Un dépannage relève de la garantie de bon fonctionnement, qui couvre deux ans les éléments d'équipement dissociables — ceux qu'on peut déposer sans abîmer le bâti. S'y ajoute la responsabilité civile professionnelle de l'artisan pour les dommages qu'il causerait chez vous. Un professionnel qui vous oppose « c'est de la décennale » pour un dépannage se trompe de garantie, dans un sens comme dans l'autre.
L'artisan peut-il exiger un paiement en espèces ?
Il peut le proposer, pas l'imposer sans limite : le paiement en espèces entre un professionnel et un particulier ayant son domicile fiscal en France est plafonné à 1 000 € (art. D112-3 du Code monétaire et financier ; 15 000 € pour un client résidant fiscalement à l'étranger). Au-delà, un moyen traçable est obligatoire. Surtout, quel que soit le mode de règlement, la facture est due et doit vous être remise. Exiger du liquide en échange d'une remise « sans facture » n'est pas un arrangement commercial : c'est ce qui vous prive de tout recours et de toute garantie en cas de malfaçon.
Grille de décision TVA
Quel taux s'applique à des travaux d'électricité, selon le logement et la nature de l'intervention. Chaque ligne indique la condition qui déclenche réellement le taux, et le texte qui la fonde.
| Situation | Taux |
|---|---|
| Logement à usage d'habitation, résidence principale ou secondaireAchevé depuis plus de 2 ans. Travaux d'entretien, d'amélioration, de transformation ou d'aménagement, fournitures posées comprises. Les annexes affectées à l'habitation (cave, garage) suivent le même taux.CGI art. 279-0 bis · BOI-TVA-LIQ-30-20-90 | 10 % |
| Parties communes d'une copropriété à usage mixteSi plus de 50 % de l'immeuble est affecté à l'habitation — proportion appréciée en tantièmes —, le taux réduit couvre la totalité des travaux sur les parties communes. En dessous, l'entreprise ventile entre habitation et locaux commerciaux. C'est au syndic d'établir la proportion.BOI-TVA-LIQ-30-20-90-10 | 10 % |
| Travaux d'électricité induits par une rénovation énergétiqueIndissociablement liés à un poste principal lui-même à 5,5 %, et facturés dans un délai maximum de 3 mois après lui. Une facture rectificative ne rouvre pas le délai.CGI art. 278-0 bis A · BOI-TVA-LIQ-30-20-95 | 5,5 % |
| Borne de recharge pour véhicule électriqueInstallée dans un local d'habitation (ancien ou neuf) et destinée aux résidents, par une entreprise qualifiée, la configuration respectant l'arrêté du 22 juin 2023.CGI art. 278-0 bis N · CGI ann. IV art. 30-0 H | 5,5 % |
| Logement de moins de 2 ans, construction neuve, extension, surélévationTravaux de construction ou de reconstruction, et tout ce qui augmente la surface de plancher.BOI-TVA-LIQ-30-20-90-20 | 20 % |
| Rénovation lourde requalifiée en construction neuveLe piège des rénovations totales : des travaux qui remettent à l'état neuf plus de la moitié du gros œuvre, ou au moins deux tiers de chacun des six éléments de second œuvre, valent production d'un immeuble neuf — donc 20 % sur l'ensemble. L'installation électrique est précisément l'un de ces six éléments.CGI art. 257, I-2-2° · CGI ann. II art. 245 A | 20 % |
| Local professionnel, commercial, bureauxLe taux réduit ne vise que les locaux à usage d'habitation. Un local mixte se ventile au prorata.BOI-TVA-LIQ-30-20-90-10 | 20 % |
| Meublé de tourisme ou hébergement exploité à titre commercialLe critère est l'exploitation commerciale, pas le meublé en soi : une para-hôtellerie soumise à TVA (au moins 3 des 4 services) sort du champ. Une location meublée exonérée de TVA reste un local d'habitation, donc à 10 %.BOI-TVA-LIQ-30-20-90-10 | 20 % |
| Fourniture seule, sans pose par l'entrepriseMatériel vendu ou acheté par le client en direct. Si l'entreprise pose du matériel fourni par le client, seule sa main-d'œuvre bénéficie du taux réduit.BOI-TVA-LIQ-30-20-90-20 | 20 % |
| Climatisation et pompe à chaleur air/air, même poséesClassées « gros équipements » : exclues du taux réduit y compris installées par l'entreprise, au même titre que les ascenseurs. Les chaudières à combustible fossile le sont aussi depuis le 1er mars 2025.CGI ann. IV art. 30-00 A | 20 % |
| Diagnostic électrique, étude, expertise · raccordement EnedisPrestations intellectuelles et non travaux immobiliers : le taux réduit ne leur est jamais applicable, même dans un logement ancien. Le raccordement est par ailleurs facturé par le gestionnaire de réseau, hors du champ des travaux.CGI art. 278 | 20 % |
Les conditions de forme (attestation, mentions au devis) et le détail des pièges sont dans le guide TVA sur des travaux d'électricité.
Textes cités
- Arrêté du 24 janvier 2017 (publicité des prix du dépannage-réparation) (nouvelle fenêtre)
- Code de la consommation, art. L221-10, L221-18, L221-25 et L221-28 (rétractation, encaissement) (nouvelle fenêtre)
- Décret n° 87-712 du 26 août 1987 (réparations locatives) (nouvelle fenêtre)
- Code monétaire et financier, art. D112-3 (plafond des paiements en espèces) (nouvelle fenêtre)
- impots.gouv.fr — taux de TVA applicable aux travaux dans les logements (nouvelle fenêtre)
- BOI-TVA-LIQ-30-20-90 — taux réduit sur les travaux dans les logements de plus de 2 ans (locaux et opérations concernés) (nouvelle fenêtre)
- BOI-TVA-LIQ-30-20-95 — travaux d'amélioration de la qualité énergétique et travaux induits (taux de 5,5 %) (nouvelle fenêtre)
- Annuaire des entreprises — vérifier un SIRET (nouvelle fenêtre)
Ces informations valent pour un particulier en France métropolitaine et ne remplacent pas un avis juridique. Nos conditions de vente détaillent nos propres engagements : CGV / CGU.
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Pour aller plus loin : comment se compose le prix d'un dépannage, notre grille tarifaire, ou tous nos guides.