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Électricité

Diagnostic électrique : comprendre les anomalies et savoir lesquelles traiter

Mis à jour le 06/08/2026 · 6 min de lecture

Le diagnostic électrique — de son vrai nom état de l'installation intérieure d'électricité — accompagne la vente et la location. Il revient très souvent avec une liste d'anomalies, parfois longue, présentée sous forme de codes qui ne parlent à personne. Cette liste n'est ni un verdict ni une facture : elle décrit des écarts par rapport à un référentiel de sécurité, et certains comptent beaucoup plus que d'autres.

Ce que le diagnostic contrôle — et ce qu'il ne contrôle pas

Le diagnostic suit le référentiel XP C 16-600. Il est obligatoire pour la vente d'un logement dont l'installation a plus de quinze ans, et pour la mise en location.

C'est un contrôle visuel et par mesures simples, réalisé sans démontage : le diagnostiqueur ne dépose pas les prises, n'ouvre pas les cloisons et ne vérifie pas chaque conducteur. Il constate ce qui est accessible.

Autre malentendu fréquent : le diagnostic ne vérifie pas la conformité à la NF C 15-100. Une installation ancienne parfaitement sûre n'est pas conforme à la norme actuelle, et ce n'est pas ce qu'on lui demande. Le diagnostic vérifie la sécurité des personnes, pas la modernité de l'installation.

Les six points vérifiés

Toutes les anomalies du rapport se rattachent à l'une de ces six familles. Les connaître permet de lire le rapport sans se noyer dans les codes.

  • L'appareil général de commande et de protection : présent, accessible, en état de couper toute l'installation
  • Le dispositif différentiel à haute sensibilité (30 mA) : la protection des personnes contre l'électrisation
  • La protection contre les surintensités : un calibre de disjoncteur adapté à la section des conducteurs qu'il protège
  • La liaison équipotentielle et le respect des volumes dans les locaux contenant une baignoire ou une douche
  • L'absence de matériels présentant des risques de contact direct avec des éléments sous tension
  • L'absence de matériels vétustes ou inadaptés à l'usage

Anomalie ne veut pas dire danger immédiat

La grande majorité des anomalies relevées sont des écarts à corriger sans urgence : un socle de prise fendu, une protection un peu généreuse, une liaison équipotentielle non retrouvée dans la salle d'eau.

Le rapport distingue toutefois les situations de danger grave et immédiat, qui appellent une mise hors tension du circuit concerné sans attendre. Un conducteur nu accessible, une pièce sous tension atteignable au doigt, un tableau dont l'enveloppe ne protège plus : là, on n'attend pas la signature de l'acte.

Le bon réflexe est donc de trier plutôt que de tout traiter en bloc : d'abord ce qui est signalé comme dangereux, ensuite ce qui protège les personnes — l'absence de différentiel 30 mA et l'absence de terre en tête —, enfin le reste.

Combien de temps le diagnostic reste valable

Trois ans dans le cadre d'une vente, six ans dans le cadre d'une location. Passé ce délai, il faut le refaire — même si rien n'a changé dans le logement.

Un diagnostic réalisé pour une vente qui ne s'est pas conclue reste utilisable jusqu'à l'échéance de ses trois ans. En revanche, il ne devient pas un diagnostic de location : ce sont deux documents distincts, avec des durées distinctes.

Faire les travaux ne prolonge pas automatiquement le rapport. Si vous levez les anomalies, c'est un nouveau diagnostic — ou l'attestation de l'électricien qui a réalisé les travaux — qui en fera foi selon le contexte.

Vendeur, bailleur : qui doit réellement faire les travaux ?

Un vendeur n'a aucune obligation de lever les anomalies. Le diagnostic est une information donnée à l'acheteur, qui achète en connaissance de cause — et qui s'en sert, très souvent, comme argument de négociation. C'est d'ailleurs le calcul à faire : le coût des travaux pèse presque toujours moins lourd que la décote demandée en face.

Un bailleur est dans une situation différente. Le logement mis en location doit satisfaire aux critères du logement décent, qui imposent des installations électriques en bon état d'usage et ne présentant pas de risque pour la sécurité des occupants. Une anomalie qui touche à la sécurité des personnes doit donc être traitée, indépendamment de ce que dit le diagnostic.

Par quoi commencer quand le rapport en liste vingt

Un rapport chargé signale souvent une installation ancienne restée cohérente avec son époque. Dans ce cas, reprendre les points un par un revient parfois plus cher que de traiter la tête de l'installation.

L'arbitrage se fait sur place, en une visite : si le tableau est saturé, sans différentiel 30 mA et sans terre correcte, son remplacement lève d'un coup une bonne moitié des anomalies. Si le tableau tient la route et que les anomalies sont dispersées dans le logement, on les traite à l'unité.

C'est exactement ce que fait une intervention de mise en sécurité : reprendre les points à risque du rapport, pas refaire une installation neuve.

En résumé

Le diagnostic constate, il ne condamne pas. Triez : le danger immédiat d'abord, la protection des personnes ensuite, le reste après. Trois ans de validité en vente, six en location.

Envoyez-nous votre rapport : nous vous disons ce qui doit être repris, ce qui peut attendre, et ce que ça coûte — avant de nous déplacer.

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