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Électricité

Lire son tableau électrique : le schéma expliqué ligne par ligne

Mis à jour le 08/08/2026 · 7 min de lecture

Ouvrir son tableau et n'y voir qu'une rangée de manettes identiques est la situation la plus courante. Pourtant sa logique est simple et se lit en deux minutes une fois qu'on sait ce qu'on regarde. Ce schéma correspond à un tableau domestique conforme à la NF C 15-100 ; le vôtre en est probablement proche.

Le schéma d'ensemble

Le courant entre par le haut, traverse une protection générale, puis se répartit rangée par rangée. Chaque rangée a son propre interrupteur différentiel, et chaque circuit du logement son propre disjoncteur.

Schéma d'un tableau électrique domestiqueDeux rangées protégées chacune par un interrupteur différentiel 30 mA, l'une de type AC pour l'éclairage, les prises et les volets, l'autre de type A pour la plaque de cuisson, le lave-linge et le four. En bas, la barrette de terre reliée à la prise de terre du logement.Disjoncteur de branchementarrivée — appartient au réseau, plombéeRangée 1Inter. différentiel 30 mAtype ACÉclairage16 APrises20 AVolets16 ARangée 2Inter. différentiel 30 mAtype APlaque32 ALave-linge20 AFour20 ABarrette de terretous les conducteurs vert-jaune y aboutissent — vers la prise de terre du logement
Tableau à deux rangées. Le différentiel 30 mA en tête de chaque rangée protège les personnes ; les disjoncteurs en aval protègent les câbles, et leur calibre dépend de la section du fil. Le type A est exigé sur les circuits à courant continu pulsé — plaque de cuisson, lave-linge, borne de recharge — là où le type AC ne suffit pas.

Deux familles de protection, deux rôles opposés

C'est la distinction la plus utile, et celle que presque personne ne connaît : les deux types de modules ne protègent pas la même chose.

**L'interrupteur différentiel 30 mA protège les personnes.** Il compare le courant qui entre et celui qui sort ; si une fraction s'échappe — par un appareil défectueux, par un corps humain — il coupe. Les 30 milliampères sont le seuil retenu parce qu'au-delà le courant devient dangereux pour le cœur.

**Le disjoncteur divisionnaire protège les câbles.** Il coupe quand l'intensité dépasse ce que le fil peut supporter sans chauffer. Il ne protège pas les personnes : un disjoncteur 16 A laisse passer très largement de quoi électrocuter quelqu'un.

D'où l'ordre : le différentiel en tête, les disjoncteurs en aval. L'un sans l'autre laisse un trou.

Pourquoi les calibres changent

Le nombre inscrit sur un disjoncteur — 10, 16, 20, 32 A — n'est pas choisi selon l'appareil branché mais selon la **section du câble** qu'il protège. C'est le point le plus contre-intuitif du tableau.

  • 10 A pour l'éclairage, sur du 1,5 mm²
  • 16 A pour les prises, sur du 1,5 mm²
  • 20 A pour les prises et les circuits spécialisés, sur du 2,5 mm²
  • 32 A pour la plaque de cuisson, sur du 6 mm²

Type A ou type AC : la nuance qui compte

Les interrupteurs différentiels existent en plusieurs types, et ce n'est pas une subtilité commerciale.

Le **type AC** détecte les fuites de courant alternatif — le cas général. Le **type A** détecte en plus les courants continus pulsés, que produisent l'électronique de puissance des plaques à induction, des lave-linge et des bornes de recharge. Sur ces circuits, un type AC peut ne pas déclencher du tout.

Un tableau conforme comporte donc au moins un type A, dédié aux circuits concernés. Si le vôtre n'affiche que des types AC alors que vous avez une plaque à induction, c'est un point de mise en sécurité — pas une urgence, mais à corriger.

La barrette de terre

En bas du tableau, un bornier reçoit tous les conducteurs vert-jaune du logement et repart vers la prise de terre. C'est ce qui permet au différentiel de faire son travail : sans terre, un défaut d'isolement n'a pas de chemin de retour, et la protection ne voit rien.

Une installation sans terre est le défaut le plus fréquemment relevé dans les logements d'avant 1969. L'absence de vert-jaune n'y est pas un oubli de câblage : le conducteur n'existe tout simplement pas.

Le repérage : l'étape que tout le monde saute

Un tableau non repéré est un tableau qu'on ne peut pas consigner correctement, et chaque intervention future y commence par une recherche. C'est aussi ce qui transforme une coupure de dix minutes en une heure de tâtonnements.

Le repérage est obligatoire sur une installation neuve, et il se refait en une visite sur une installation existante : on coupe circuit par circuit, on note ce qui s'éteint, on étiquette. Cela ne coûte presque rien et fait baisser le prix de toutes les interventions suivantes.

Ce que ce schéma ne dit pas

Un tableau réel comporte souvent d'autres modules : parafoudre en tête sur les zones exposées, contacteur jour/nuit pour le chauffe-eau, télérupteurs pour les commandes d'éclairage multiples, délesteur. Ils s'insèrent dans la même logique — alimentés par le peigne, protégés par le différentiel de leur rangée.

Et il ne dit rien de l'état réel du vôtre : serrage des bornes, échauffement, section des conducteurs. Cela ne se lit pas sur un schéma, cela se mesure sur place.

En résumé

Le différentiel protège les gens, le disjoncteur protège les câbles, et le calibre suit la section du fil et non l'appareil. Un type A est nécessaire dès qu'il y a une plaque à induction, un lave-linge ou une borne de recharge. Et sans barrette de terre correctement reliée, tout le reste perd son sens.

Envoyez-nous une photo de votre tableau ouvert : nous vous dirons ce qui manque et ce qui peut attendre, avant tout déplacement.

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